Retours d'expérience
Tous les enregistrements relus, après l'impact et le feu
Un impact assez violent pour cisailler les vis du capot du module protégé, puis un feu de batteries éteint à l'eau. Le module est arrivé seul dans notre laboratoire, et sa mémoire a été relue en totalité le jour même.
Le contexte
- Secteur
- Centre de recherche, Europe
- Enregistreur
- Enregistreur protégé léger, ED-155
- Événement
- Impact pendant un essai, puis feu de batteries
- Résultat
- Tous les enregistrements relus
L'enregistreur était à bord d'un engin d'essai. Il enregistrait les données réseau de l'engin à côté de ses propres capteurs internes — position satellite, vitesses angulaires et accélérations — et gardait sa mémoire là où tout enregistreur protégé la garde : dans un module protégé, la partie conçue pour survivre quand tout ce qui l'entoure disparaît.
Pendant un essai, l'engin a percuté le sol. Des batteries installées à proximité ont pris feu, et le feu a été éteint à l'eau.
Ce qu'a fait l'impact
Les photos envoyées par le client montraient le module protégé seul, son capot en titane arraché et l'isolant thermique à nu. Notre analyse a trouvé les vis du capot cisaillées — ce qu'aucun des essais de sa qualification n'avait produit, ce qui indique des efforts hors de l'enveloppe que teste la norme.
La question changeait donc. Le boîtier ouvert avant le feu, la protection sur laquelle compte la conception n'était plus complète, et la survie de la mémoire ne pouvait plus se déduire de la qualification. Il fallait la constater, sans rien aggraver en chemin.
Avant toute mise sous tension
Les premières décisions ont été prises sur place. Le module a été retiré de l'enregistreur et nous a été expédié seul, et le client nous a indiqué comment le feu avait été combattu : à l'eau, sans mousse ni poudre.
Ce détail fixe la procédure. Une mémoire peut-être mouillée se sèche avant de voir une tension — au moins 48 h à 75 °C — parce qu'un court-circuit sur une carte humide peut détruire ce que l'impact et le feu ont épargné. Rien n'est mis sous tension avant que la carte ait été examinée.
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Ouvrir le module
Le module a été ouvert dans notre laboratoire le jour de son arrivée. La carte mémoire était sèche : le cycle de séchage n'était pas nécessaire, et la carte a été lue aussitôt.
Si la carte avait été endommagée, l'étape suivante était déjà prévue : lire directement les puces de mémoire flash, au niveau du composant, avec un laboratoire spécialisé. Cette voie est plus lente, et son résultat est partiel par nature. Elle n'a pas été nécessaire.
Ce que contenait la mémoire
Tous les enregistrements de la carte ont été relus, celui de l'essai compris. Le client a vérifié le dernier avec ses propres relevés : la date, l'heure de début et la durée étaient celles qu'il attendait.
La fin de cet enregistrement raconte sa propre histoire. Les données réseau de l'engin s'arrêtent environ une demi-minute avant la fin. À partir de là, seuls les capteurs internes de l'enregistreur continuent d'écrire, jusqu'à l'impact. Ces trente dernières secondes n'existent que parce que l'enregistreur porte ses propres capteurs.
Rendre les données
Les données récupérées appartiennent au client, et elles peuvent être sensibles. Le client a choisi de recevoir aussitôt l'enregistrement de l'essai, en téléchargement chiffré avec le mot de passe envoyé à part, et de récupérer le module avec un disque chiffré contenant tous les enregistrements et un rapport de ce qui a été fait. Notre copie de travail est effacée dès qu'il en confirme la réception.
Ce que nous en retenons
La qualification dit ce qu'un module protégé est conçu pour supporter. Un accident peut aller au-delà, comme celui-ci quand le capot est parti. Ce qui en a fait une récupération complète, c'est une mémoire ressortie sèche et lisible, et une chaîne de manipulations qui n'a rien ajouté aux dégâts : l'agent d'extinction signalé, le module expédié seul, la mémoire inspectée avant toute mise sous tension.